Binta Diallo nous parle de « Foot for change », ce projet de la SMB qui redonne du sens au football féminin guinéen

Binta Diallo a fait ses armes au poste de Responsable communication à l’Agence de Promotion des Investissements Privés (APIP Guinée) avant de passer au Ministère de l’économie et des finances. Miss Guinée France 2011, Binta a toujours nourri une passion pour la protection et l’excellence de la jeune fille. Un combat qu’elle mène aujourd’hui, avec l’initiative “Foot for change”.

 

Parlez-nous de l’initiative « Foot for Change » …

Binta Diallo : En 2018, la Fondation SMB-Winning a initié un programme sur un format sport-études, tourné vers le football féminin guinéen intitulé « Foot for Change ». Composée uniquement de jeunes filles, l’association vise à promouvoir la pratique sportive et l’excellence scolaire pour contribuer à l’égalité des chances et à la promotion féminine en Guinée. Ce projet concerne 40 filles, ayant entre 13 et 23 ans et vivant en majorité dans la Commune de Matam, inscrites à l’Académie Foot Elite de Coléah. La plupart sont scolarisées tandis que 10 autres pratiquent déjà un métier (couture, petit commerce) et ont été retenues au mérite, pour leurs efforts au football et leur volonté de s’épanouir. « Foot for Change » s’étend également aux familles respectives des 50 filles ainsi qu’aux ministères en charge de l’éducation, de la promotion féminine et de l’emploi des jeunes. En outre, l’Académie Foot Elite accueille actuellement plus de 80 (nombre qui augmente au fil des mois) footballeuses. Ce vivier constitue donc une réserve de potentielles bénéficiaires de ce projet.

 

Quels sont les objectifs attendus ?

Binta Diallo : Le projet vise de manière générale, à contribuer au développement du football féminin à travers la formation sportive et scolaire de 50 footballeuses de l’Académie Foot-Elite Guinée. Spécifiquement, le projet « Foot For Change » a pour objectifs de participer au renforcement des capacités scolaires et universitaires, voire post universitaires des footballeuses encore dans le système éducatif à travers des formations complémentaires et un suivi régulier. Également d’octroyer une seconde chance aux footballeuses déscolarisées à travers l’alphabétisation et l’apprentissage de métiers, de concourir au développement personnel des footballeuses à travers un accompagnement et un coaching individuel sur mesure, de faciliter l’apprentissage et la pratique du football comme facteur d’intégration socioprofessionnelle des footballeuses, de sensibiliser à travers une campagne d’IEC les bénéficiaires et leurs familles sur les pratiques néfastes affectant l’épanouissement des filles.

 

À date, quels sont les actes posés pour qu’il y ait de l’impact et aussi, pour pérenniser l’initiative ?

Binta Diallo : La Fondation SMB-Winning est le principal soutien financier du projet Foot for Change. Elle joue également un rôle important de soutien à la poursuite d’études et d’intégration professionnelle des jeunes filles membres du programme. Ses partenaires, African Initiatives for Women (AIW) qui est une fondation ayant pour but de concourir à l’implication de la femme dans le processus de développement socio-économique de la Guinée, est en charge des formations en informatique, anglais et alphabétisation ainsi que d’autres accompagnements personnalisés (suivi scolaire, tutorat de métiers). Et l’académie Guinée Football-Élite, fondée sous l’impulsion d’habitants et de bénévoles du quartier Coléah pour encourager la pratique du football à travers l’organisation de nombreuses activités sportives et extra- sportives, est en charge des entraînements sportifs. Toutefois à date, le bilan est mitigé. En effet, les filles excellent au niveau sportif mais peinent à améliorer leurs résultats scolaires. Par exemple, sur 10 passant le brevet, seules 7 l’ont obtenu. Nous comptons donc profiter des vacances scolaires pour leur permettre de rattraper leur retard mais aussi pour les initier à l’anglais et à l’informatique. Le projet était prévu pour 2 ans, mais nous espérons le prolonger.

Source : journal du CCFG (Octobre-Novembre 2019)

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