Entretien avec Oumar Sadio Diallo connu sous le sobriquet « Le Philanthrope »

Journaliste, activiste, artiste slameur, le jeune Oumar Sadio Diallo, le philanthrope, a choisi ce genre d’art (SLAM) pour véhiculer sa connaissance.

Auteur du slogan LES GENS AVANT L ARGENT, le Philanthrope a accordé a Generations224.com, un entretien sur sa personne et ses convictions avec le slam.

Lisez !

Generations224.com : pourquoi le surnom philanthrope ?

Le philanthrope : Pour commencer, je dirais aux lecteurs qu’un philanthrope c’est est une personne qui aime les êtres humains et qui se préoccupe de l’amélioration de leurs condition de vie. Et moi, je suis quelqu’un qui met toujours l’homme au centre de tout. Je suis celui qui est prêt à souffrir pour redonner aux autres, le sourire. Philanthrope pour moi, ce n’est pas qu’un pseudonyme mais c’est plutôt le reflet de ma personne. D’où ma devise les gens avant l’argent. 

 

Generations2224.com : pourquoi avoir choisi le slam et non le rap ou une autre forme d’art?

Le philanthrope : Du moment où d’aucuns ont décidé de faire de la musique populaire, du rap, du dancehall et autres parce que c’est ce qui est au top c’est à dire c’est ce qui marche, moi j’ai décidé de faire marcher ce que je veux et ça c’est le SLAM qui pour moi, est un art engagé, éducateur et unificateur. 

Comme je le dis souvent, j’ai choisi le slam pas pour faire danser mais pour faire penser et je slam pas pour remplir juste Bercy mais plutôt pour bercer des esprits.

 

Generations224.com : d’où tirez-vous votre inspiration ? 

Le philanthrope : Comme je le dis dans mon slam intitulé « du slam à la sagesse », l’art m’est venu telle une prophétie, en traçant mes lignes je m’inspire de la vie et de ses péripéties. Si je suis vêtu des mots et des pensées, c’est parce que j’ai vécu des mots dans mon passé. Je pense que ces vers répondent largement à cette question 

 

Generations224.com : Quels sortes de textes écrivez-vous? Amour,engagement,développement ou politique ?

Le philanthrope : étant de nature philanthropique, j’écris sur tout ce qui concerne l’humanité.

 

Generations224.com : Quelle est votre vision du slam dans une localité où la poésie et le conte étaient les seuls connus du public?

Le philanthrope : il faut rappeler que le slam, la poésie et le conte sont des frères et sœurs.

Ils sont tous fils de l’oralité et ont tous un même but qui est celui de véhiculer un message via la parole. C’est seulement parfois la manière d’y procéder qui diffère. Le slam est cet art qui peut être à la portée de tout le monde. Au fait, le slam est venu pour libéraliser et moderniser la poésie.

 

Generations224.com : Le public du foutah est il attiré par ce genre de récit?

Le philanthrope : Vous savez le foutah est cette contrée de la Guinée qui a toujours été le berceau des grands érudits et poètes.

Par exemple, les Thierno Samba Mombeya; Elhadj Billo Compayah; Elhadj Adramane; Elhadj Racine Taran, Doyen Sékou Cissoko; Hadja Zénab Koumanthio et tant d’autres.

Donc, l’écriture et la parole sont des choses que le foutah connaît et maîtrise. Le public du foutah est très réceptif surtout s’il s’agit de la poésie où du slam parce que, ce sont là des choses que tu peux faire devant tout le monde. Car le slam et la poésie sont très modérés et très respectueux.

 

Generations224.com : Cherchez-vous à former d’autres jeunes pour la relève ?

Le philanthrope : le slam est synonyme de partage et moi je suis quelqu’un qui aime enseigner, c’est à dire partager sa connaissance. Car il est dit que donner c’est recevoir. Et moi, je peux dire que la plus grande fierté dans toute chose que nous faisons, c’est de réussir et en même temps laisser des héritiers. Au foutah, je suis vu comme le précurseur du slam donc c’est un devoir pour moi d’en avoir des disciples pour que le slam continue à vivre et à rayonner au à travers le temps. Et qu’après moi, qu’il y ait des milliers de slameurs 

 

Generations224.com : est ce que de nos jours, le philanthrope a des sons sur le marché ou une mixtape? un album est en cours?

Le philanthrope : un album de slam digne de nom est en cours de préparation. Version poular et français. Pour le moment, je partage juste mes textes sur mon compte Facebook et ma page @Le Philanthrope. Récemment, j’ai même fait sortir un son slam pour participer à la sensibilisation contre le covid-19. 

 

Generations224.com : quelle est votrem relations avec les slameurs de Conakry et des autres villes?

Le philanthrope : presque tous les slameurs à travers le monde se connaissent et entretiennent de bonnes relations parce que, l’objectif reste le même pour tous les slameurs. C’est de hisser haut le drapeau du slam à travers le monde. Et chacun dans son style et ses manières 

 

Generations224.com : c’est quoi votre projet en cours ?

Le philanthrope : le projet en cours, c’est de se battre pour ouvrir des écoles d’art oratoire pour un début à Labé. Histoire de former les jeunes.

 

Generations224.com : quel est le message à l’endroit des jeunes qui veulent hériter de vos pas?

Le philanthrope : le message que j’ai à donner aux jeunes, il est simple. C’est de chercher à savoir le but de leur existence et ensuite de rester originel c’est à dire eux-même. Aussi s’armer de courage, de patience et d’audace car comme disait l’Abbé Pierre « Le plus grand échec est de ne pas avoir le courage d’oser ». Donc c’est d’aller droit vers ses objectifs sans avoir peur des obstacles. Pour finir, je leur dirai de retenir cette citation de Mario Puzo qui disait « les grands hommes ne naissent pas dans la grandeur ils grandissent ».

 

Mamadou Mouctar Diallo

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