« On ne peut pas lutter contre la pauvreté si on ne donne pas aux femmes, la place qu’elles méritent dans la société », dixit Denis MUKWEGE Prix Nobel de la paix 2018

C’est un homme fidèle à lui-même et très décomplexé, qui est apparu ce vendredi 13 septembre, à l’Institut universitaire des technologies de Saint-Denis en banlieue parisienne, pour l’inauguration d’un amphithéâtre à son nom.

Surnommé « L’homme qui répare les femmes », il doit cette appellation à ses multiples interventions en tant que gynéco-obstétricien auprès des femmes congolaises, victimes de viols et de brutalités dans un pays en proie à des violences atroces.

« Pourquoi des tapis rouges pour des criminels ? » Dès l’entame de son discours, lui qui a été accueilli pour l’occasion sur un tapi rouge, s’est réjoui de l’accueil très chaleureux sans pour autant mâcher ses mots: « Je vous remercie de m’accueillir si chaleureusement. Je suis très touché que mon nom soit désormais associé à cet amphithéâtre au sein de cette prestigieuse université à Paris… J’ai été très touché par cette idée originale : Pourquoi des tapis rouges pour des criminels ?… Le monde ne pourra pas changer si de temps en temps on n’emmène pas des personnes qui commettent des crimes à être responsables de leurs crimes ».

« Une guerre contre les femmes »

Très engagé pour la défense des droits de la femme partout dans le monde, c’est d’ailleurs à cela qu’on le reconnait, le Docteur Denis Mukwege se sent très touché par l’actualité sur les violences faites aux femmes ce qui l’amène d’ailleurs à déconstruire certains stéréotypes : «La question de violence sexuelle n’est pas une culture. Vous la vivez dans le transport en commun, à la maison, dans les instituts universitaires… Lorsqu’on dit aux gens qu’en France, tous les trois jours, il y a une femme qui est tuée, les gens se posent la question en fait on n’est pas en guerre en France, mais c’est une guerre contre les femmes et cette guerre, nous allons la gagner si nous mettons nos forces ensemble…» Pour lutter contre les violences et éviter d’éventuelles répétitions d’actes de violences commis à l’encontre des femmes et des enfants, la prévention est une arme nécessaire. En tant que porte-voix des milliers de femmes victimes de violences, il appelle solennellement à la justice : « J’ai vu des femmes faire des centaines de kilomètres, tout simplement parce qu’elles étaient prévenues que des criminels étaient derrière… Elles ont peur de la répétition de ces actes odieux… Nous avons non seulement la responsabilité de dire la vérité et rendre justice, mais aussi d’éviter et de prévenir la répétition de ces crimes pour les victimes de ces violences sexuelles ».

Militant pour l’abolition des lois discriminatoires, il opte plutôt pour l’adoption des lois progressistes en matière des droits de la femme. La participation de tous les genres étant importante pour tout développement, lui qui a longtemps ‘’réparé les femmes’’, cherche aussi à réparer les consciences et c’est à juste titre qu’il ajoute : « Aucun grand défi de notre humanité ne pourra être relevé sans la pleine participation des femmes… On ne peut pas lutter contre la pauvreté si on ne donne pas aux femmes la place qu’elles méritent dans la société ».

Á rappeler que Denis Mukwege Prix Nobel de la paix 2018, a aussi annoncé le lancement officiel le 31 octobre 2019, d’un ‘’Fond mondial’’ de réparation pour les victimes de violences sexuelles dans les conflits à travers le monde.

Lucien Blémou, Correspondant de Generations224.com en France

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