Parlons du « Slam » avec Yaya Kassé, le Parolier du sud

La danse des mots, une plume qui s’adresse au coeur, une voix qui réchauffe les âmes, c’est la description approximative qu’on peut faire du slam. Un genre musical qui repose sur la déclamation d’une poésie. Dans une interview accordée à Generations224.com, l’ambassadeur du Slam en Guinée Yaya Kassé aka “Le parolier du sud”, a parlé de la place du slam et de la prochaine participation de la Guinée à la Coupe d’Afrique de Slam et des poésie.

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Generations224.com : quelle est la place du slam et du slameur dans la promotion de la culture guinéenne?

Le parolier du sud : le slam est un art d’expression orale, un art populaire qui allie l’oralité et l’écriture. Donc, le slam est un outil de communication à travers lequel, les maux de la société peuvent être décrits et dénoncés dans l’espoir d’entraîner un éveil des consciences ou encore, inciter bon nombre de personnes à embrasser l’écriture et la lecture. Le slam peut contribuer à l’amélioration du niveau éducatif guinéen. Quant au slameur, sa mission est de partager les émotions et le constat d’une situation où d’un quotidien. Dès lors, le slameur devient le porte voix de tout ceux qui désirent d’exprimer et qui n’ont  pas la voix au chapitre. Pour faire cour, les slameurs sont les griots des temps actuels. En Afrique, le slam a existé car il était porté par la verve de ceux qu’on appelle dans les sociétés africaines, les griots.

Generations224.com : sachant que le public guinéen a opté pour le rythme et non pour le contenu, comment comptez-vous imposer le Slam en Guinée?

Le parolier du sud : le public guineen est assez réceptif au point de se laisser bercer la plupart du temps, par la tendance. Les sonorités rythmées volent la vedette à la poésie urbaine qui, malgré le travail fait par son initiateur l’américain  MARC KELLY SMITH qui a voulu casser d’une certaine manière, le cliché élitiste de la poésie classique qui est réservée aux initiés. Près de 32 ans après la naissance du concept slam, l’ombre de ce cliché tourne encore autour de cet art oratoire. A l’instar de ceux qui ont tenté l’aventure du Spoken Word  (le slam sur fond sonore), on veut associer les sonorités plus ou moins rythmées qui font l’originalité de notre culture au slam pour toucher plus de monde. Au delà des thèmes abordés, l’utilisation des langues du terroir pour que ceux qui n’ont pas eu la chance d’apprendre la langue française, se sentent concernés. Et pour mieux faire la promotion du Slam dans le milieu culturel guinéen, il faudrait que chaque slameur prenne son bâton de pèlerin pour que cet art gagne la place qu’il mérite.

Generations224.com :  vous préparez la Coupe d’Afrique du Slam et de poésie, dites-nous si la Guinée regorge des talents vu que certains artistes guinéens abandonnent l’école pour se consacrer à la musique.

Le parolier du sud : les jeunes guinéens dans la plupart du temps, développent leur génie créatif dans l’ombre. Une situation qui fait que la majorité est moins connue que ceux qui sont sous le feu des projecteurs. L’idée de la Coupe Nationale de Slam et les festivals qui l’ont précédés, est de mettre en lumière ceux que j’appelle les artistes de l’ombre. La Guinée est un candidat de taille pour la première édition de la coupe d’Afrique de Slam et de poésie qui se tiendra en novembre prochain à N’Djamena au Tchad. Et concernant ceux qui abandonne l’école pour la musique dans l’espoir d’avoir une belle carrière devant eux, je crois que c’est une grosse erreur car l’école nous permet d’apprendre certaines choses qui ont leur utilité dans la gestion de la carrière artistique. Pour ceux qui aspirent avoir une carrière dans l’art oratoire, il faut qu’ils acceptent d’apprendre, de comprendre pour mieux transmettre car telles sont les missions de l’artiste. Et l’école est le seul endroit institutionnel, où on peut développer ces aptitudes.

 

Alpha Camara (Le Sérum)

Tel : +224-621506161

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