Thierno Monènembo :  « la Guinée n’appartient ni à un parti politique, ni à un individu »

Au profit d’une conférence de presse qui a eu lieu le mardi 25 juin dernier à Conakry, l’écrivain Thierno Monènembo a déploré l’intention de modification de la constitution guinéenne, par le pouvoir en place.

« Regardez bien aujourd’hui, Alpha Condé est à la fin de son second mandat, il a été élu sur la base d’une constitution qui avait fixé cette limite de deux mandats. Puisqu’il veut rempiler et bien il va modifier la constitution. Il agit au nom de ses propres intérêts personnels, les intérêts nationaux ne sont pas mis en évidence et c’est dramatique. Parce que la constitution garantit la stabilité de l’Etat et garantit la paix civile dans le pays. Nous avons tous le devoir impérieux de la défendre. Nous devons tout faire pour que la Guinée réappartienne aux seuls propriétaires de ce pays et c’est l’unique propriétaire, qui est le peuple de Guinée. La Guinée appartient au peuple de Guinée, elle n’appartient ni à un parti politique, ni à un individu », a-t-il affirmé.

Ensuite, l’auteur du roman  » les écailles du ciel » a fait un bilan de la gestion du pouvoir en Guinée : « malheureusement, depuis l’indépendance, celui qui arrive au pouvoir est le propriétaire du pays. Il faut en finir puisse que c’est quelque chose d’arbitraire mais aussi, c’est le règne du n’importe qui et du n’importe quoi. Il est grand temps que la Guinée sorte de cela et c’est une loi bien nette, bien respectée de tous qui peut nous le permettre. Tant qu’on jonglera avec les lois, tant qu’on jonglera avec la constitution, eh bien, c’est le principe même de l’Etat qui sera remis en cause. Donc, ce combat que nous commençons maintenant, est une obligation pour tout le peuple de Guinée ».

Et de rappeler : « il y a eu un congrès en 1967 à Foulaya (Kindia). Il y a quelqu’un qui avait dit, je crois que c’est Fodéba Keita qui avait proposé ça, il avait raison, de séparer les deux pouvoirs : la présidence de la République et le parti. C’est-à-dire on va confier le parti à Saifoulaye et Sékou Touré va garder la Présidence. Saifoulaye a refusé en disant que c’est son ami. C’est dangereux ça. Voilà d’où vient toute l’aventure guinéenne ».

Sur la situation politico-sociale en Guinée, Thierno Monènembo a invité la population à militer dans le respect « de l’esprit des lois », de l’écrivain français Montesquieu, en limitant le pouvoir sans quoi prévient-il :  » la démocratie n’est pas innée. La démocratie c’est le rapport des forces. N’importe quel homme qui arrive au pouvoir est un fauve en puissance. Si vous lui donnez tous les pouvoirs, il va dévorer tout le monde. »

 

Generations224.com

Commentaires