UN 75 : les acteurs culturels guinéens et les Nations-Unies en quête de solutions

Une rencontre sur les problématiques de la culture et ce qu’elle peut faire pour rendre le monde meilleur,  réuni dans la matinée du vendredi 28 août dans les locaux des studios Kirah, des acteurs culturels et le système des Nations Unies.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de  l’UN 75, 2020 et au-delà, un programme initié par les Nations-Unies qui donne la parole à chaque acteur en vue de répertorier les problèmes qui minent le développement du pays et d’y apporter une solution. 

C’est dans ce sens que Thierno Souleymane Bah conseiller communication et plaidoyer auprès du Système des Nations Unies en Guinée a indiqué : « les discussions avec les acteurs culturels de Guinée ont montré que les priorités de ce qui devrait être fait, devrait aller autour des aspects liés à l’éducation, à la promotion de la culture qui est considérée comme un élément essentiel pour la promotion du développement, aux questions liées à la paix, aux aspects de l’environnement, la sécurité… Donc, nous sommes ravis à plus d’un titre de voir les acteurs de la culture en Guinée, se prononcer sur ces questions-là et donner des pistes pour pouvoir promouvoir la culture en tant qu’outil pour renforcer le développement durable de la République de Guinée ».

Le Directeur général du Fonds de développement des arts et de la culture Malick Kébé a d’abord invité les Nations-Unies à soutenir financièrement le secteur culturel car dit-il, « les financements se font de plus en plus rares ».

Par la suite, il a affirmé : « je rêve d’un monde où la culture reprend le dessus dans notre quotidien car dans nos pays, la culture transmet des valeurs et des messages mais elle est reléguée et les citoyens sont aveuglés par le quotidien. Seule la culture peut proposer des solutions qui apaisent les peines que le monde traverse. Je rêve d’un monde très culturel ».

Sow Pédro, humoriste de son Etat, a dans son intervention, signalé entre autres, le problème du manque d’espace de production. « Le problème d’infrastructures culturelles se pose et cela empêche les artistes de se produire ». 

Pour Ablaye M’baye, artiste et Directeur général du label MLP, cette plateforme a été d’un apport très bénéfique. 

« Ce qui est bien avec cette rencontre, c’est de vouloir rencontrer les acteurs culturels et des hommes de culture, pour essayer de parler des perspectives 2045 des Nations-Unies. C’est une belle chose parce que c’est le début d’un cadre de dialogue et de concertation, espérant que les problèmes qu’on évoque pourront être pris en compte parce qu’il faut des rencontres comme ça, pour que le système des Nations unies puisse se rendre compte que la culture a son mot à dire ».

Directeur de l’incubateur Les Studios Kirah, Bilia Bah a partagé une piste : « les défis du monde tournent autour de l’humain et la nature nous le rappelle. Seule la culture replace l’humain dans sa vraie définition. La culture nourrit et construit l’humain par sa capacité transversale. A un moment donné, les artistes ne veulent plus être utilisés pour des causes mais ils veulent être partie intégrante ».

Toutes les suggestions avancées au cours de la rencontre qui a duré plus de 3h, seront repertoriées dans un rapport qui sera soumis au Secrétaire général des Nations-Unies pour pouvoir l’intégrer dans le rapport mondial élaboré sur le dialogue ONU75. 

« Les recommandations seront utilisées dans le cadre du processus de plaidoyer des Nations unies pour pouvoir servir de feuille de route pour les interventions des nations dans les 25 prochaines années qui vont nous conduire au centenaire de notre organisation. Donc, ce sont des recommandations qui vont être prises en compte », a conclu M. Bah du système des Nations-Unies en Guinée.

Alpha Camara

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